La rencontre entre un brass et une harmonie
Les musiciens du prestigieux ensemble de cuivres Geneva Brass Quintet jouent aux côtés de l’Harmonie lausannoise, tantôt en solistes tantôt dans les rangs de l’orchestre, pour un concert qui met à l’honneur les musiques américaines. A travers notamment des œuvres comme West Side Story, New-York Cityscape et Shadowcatcher, l’Amérique est parcourue en musique de Manhattan aux réserves indiennes, des New Yorkais aux Natifs Américains en passant par les immigrés portoricains. Un concert cuivré à découvrir le samedi 3 décembre 2011 à 20h15 au Casino de Montbenon à Lausanne.
Deux trompettistes, un tromboniste, un corniste et un tubiste, tous lauréats d’un prix de virtuosité du
Conservatoire supérieur de Genève… telle est la prestigieuse composition du Geneva Brass Quintet
(GBQ), dont les musiciens rejoignent les rangs de l’Harmonie lausannoise le temps d’un concert exceptionnel : un quintette de cuivres et un orchestre d’harmonie côte à côte, « side by side ». Accompagné par l’Harmonie lausannoise, c’est en soliste que le GBQ interprétera les pièces américaines Shadowcatcher d’Eric Ewazen et New York Cityscape de Jeff Tyzik. Pour la première œuvre, le compositeur s’est inspiré de clichés du célèbre photographe américain Edward Curtis qui a immortalisé des dizaines de milliers de scènes de la vie quotidienne des tribus indiennes d’Amérique du Nord. Les photographies d’Edward Curtis se reconnaissent par un profond et mystérieux jeu d’ombre et de lumière, raison pour laquelle il fut surnommé « the Shadowcatcher » (« celui qui attrape l’ombre »), d’où le titre du concerto.
New York Cityscape est, quant à elle, une suite programmatique de cinq mouvements décrivant chacun l’atmosphère et l’ambiance d’une rue de Manhattan grâce à une musique caractéristique : un ragtime inspiré de Scott Joplin et des éléments de jazz contemporain pour les 28ème et 5ème avenues (Ragtime Redux) ; un solo de tuba écrit en l’honneur d’Astor Piazzola pour la Riverside avenue (Tango 1932) ; une musique rock et funk évoquant Times Square le jour et une ballade mélancolique de style jazzy le décrivant la nuit (Traffic Jammin’) ; des percussions africaines dans un mouvement empreint à la fois de tristesse et d’espoir pour Wall Street et East River, symboles de la traite des noirs (African Dance) ; enfin, une danse entraînante, dans la tradition italienne, pour Mulberry Street dans le quartier italien (Tarantella).
C’est également à New-York que se situe l’intrigue de la comédie musicale West Side Story, adaptation contemporaine de la tragédie de Roméo et Juliette. L’histoire présente la rivalité entre les Jets, issus de la classe ouvrière blanche, et les Sharks qui appartiennent à la première génération d’Américains émigrés de Porto Rico. Cette guerre des clans voit naître un amour impossible entre Tony, l’un des Jets, et Maria, la sœur du chef des Sharks. Léonard Bernstein a tiré de la musique de scène une suite orchestrale intitulée Symphonic Dances from West Side Story dont certains airs sont devenus très populaires.
Le programme du concert est complété par Divertimento d’Oliver Waespi, dont le troisième mouvement évoque les parades de la Nouvelle-Orléans, ainsi que par deux autres pièces narratives : la musique du film américain Exodus d’Ernest Gold, qui remporta l’Oscar du meilleur thème musical en 1960, et Egmont, une autre histoire tragique, reprise par le compositeur Bert Appermont. Enjoy the music !
